Les tensions géopolitiques de ces dernières années ont également révélé la fragilité des chaînes d'approvisionnement mondiales. Une perturbation des échanges de céréales, d'engrais ou d’autres intrants essentiels peut rapidement entraîner une hausse des prix, une baisse de la production et une aggravation de l’insécurité alimentaire. Dans ce contexte, renforcer la résilience des systèmes alimentaires n'est plus seulement une question de développement : c'est aussi un enjeu de sécurité et stabilité.
Face à ces défis, la Belgique a fait de la transition vers des systèmes alimentaires durables une priorité de sa coopération internationale. À travers ses partenariats multilatéraux, ses programmes bilatéraux et son soutien à la société civile, elle contribue à développer des solutions capables de répondre simultanément aux défis climatiques, environnementaux, économiques et sociaux.
Transformer les systèmes alimentaires pour relever les défis du XXIe siècle
Les systèmes alimentaires se trouvent au cœur de plusieurs défis mondiaux : changement climatique, perte de biodiversité, pauvreté, épidémie et risques sanitaires, conflits et malnutrition. Mais ils constituent également un puissant levier de transformation pour réaliser tous les ODDs de l’Agenda 2030.
La Coopération internationale belge soutient la transition vers des systèmes alimentaires plus durables, capables de garantir l’accès à une alimentation saine tout en préservant les ressources naturelles. Dans ce cadre, elle investit dans la recherche et l’innovation, soutient des programmes favorisant l’agroécologie, la résilience climatique et la gestion durable des ressources naturelles, et participe également à la gouvernance internationale des systèmes alimentaires au sein des organisations multilatérales. Cette approche s'inscrit pleinement dans les priorités de la Belgique en matière de climat & biodiversité, de santé et de stabilité.
Un partenariat stratégique avec le CGIAR
La Belgique soutient notamment le CGIAR, le plus grand réseau mondial de recherche agricole financé publiquement. A travers des recherches, le CGIAR contribue à rendre les systèmes alimentaires plus productifs, plus durables et mieux adaptés aux effets du changement climatique.
Ces innovations répondent à des besoins très concrets : variétés plus résistantes à la sécheresse et à la chaleur, amélioration de la fertilité des sols, services climatiques numériques pour les agriculteurs, régimes alimentaires plus nutritifs ou encore outils de financement adaptés aux risques climatiques.
Entre 2022 et 2024, plus de 20 millions d'agriculteurs dans 62 pays ont bénéficié de 471 innovations issues de la recherche du CGIAR. Les connaissances et technologies développées profitent largement aux pays partenaires de la Belgique, notamment au Sénégal, au Burkina Faso et en Tanzanie, tout en contribuant à la production de biens publics mondiaux au service de systèmes alimentaires plus durables.
Investir dans l'agroécologie au Sahel
Les effets du changement climatique sont particulièrement marqués au Sahel, où les populations rurales sont confrontées à des sécheresses plus fréquentes, à la dégradation des terres et à une insécurité alimentaire persistante. Pour répondre à ces défis, la Belgique finance à hauteur de 50 millions d'euros le Programme Climat au Sahel mis en œuvre par Enabel.
Ce programme soutient la transition agroécologique afin de renforcer durablement la résilience des systèmes alimentaires locaux. Il favorise des pratiques agricoles qui améliorent la production tout en préservant les sols, l'eau et la biodiversité
Une attention particulière est accordée aux femmes et aux jeunes, dont le rôle est essentiel dans la transformation des systèmes alimentaires. Grâce au programme, des centaines de groupements et d'associations ont été accompagnés pour développer des activités économiques durables, renforcer leur accès aux services financiers et adopter des pratiques agroécologiques innovantes.
Un investissement pour l'avenir
La Belgique défend également cette vision dans les enceintes internationales consacrées au climat et au développement durable. Elle plaide pour une approche intégrée qui reconnaît les liens étroits entre agriculture, climat, biodiversité, santé et stabilité.
Investir dans les systèmes alimentaires durables permet de lutter simultanément contre la faim, la pauvreté et le changement climatique, tout en renforçant la résilience des communautés face aux crises économiques, climatiques ou géopolitiques.
Parce que nourrir une population mondiale croissante tout en préservant la planète est l'un des grands défis de notre époque, la Coopération international belge fait de la transformation des systèmes alimentaires un investissement stratégique pour un avenir commun plus durable, plus résilient et plus inclusif.